La NMC, détenue à 51% par la SMSP et à 49% par POSCO, c’est 650 salariés et environ 2000 emplois induits (sous-traitants et commerces avoisinants) répartis sur 3 sites d’exploitation sur la côte Ouest et la côte Est, et un siège administratif situé à Ducos à Nouméa. L’entreprise doit extraire environ 3.2 millions de tonnes de minerai qui doivent être exportés vers l’usine calédonienne de la SNNC située en Corée du Sud et également détenue par la SMSP à 51% et POSCO à 49%.
Cette dernière, depuis sa mise en service en 2008 et son extension à deux lignes décidée en 2013, transforme la ressource calédonienne en Ferro Nickel. Elle permet à la SMSP de percevoir 51% des dividendes qu’elle distribue lorsque ses bénéfices lui permettent.
– Pourquoi une liquidation annoncée au 18 décembre 2025 ?
Depuis le début de l’année 2025 la NMC est en discussion avec le CIRI, le Comité interministériel de restructuration industrielle, l’organe national français dédié pour la restructuration de ses dettes existantes et l’apport d’un financement complémentaire pour faire face aux difficultés de production rencontrée par la NMC pendant et suite aux émeutes. Pour rappel, le site de Nakéty a été bloqué pendant 17 mois ce qui a entrainé une baisse de production de 30%.
Tel que demandé par le CIRI au début d’année 202(, la NMC a pris l’attache de ses actionnaires, la SMSP et POSCO, lesquels ont apportés les garanties nécessaires pour reporter les échéances de dettes à 2025. En dépit de ce préalable demandé par le CIRI, ce dernier a de nouveau renvoyé la NMC vers ses actionnaires.
Une impasse pour la NMC qui a mené à la situation du mois de décembre.
Et pourtant les activités de la NMC se poursuivent…
– Grâce à un sursis apportés par les actionnaires : un enchainement d’avances sur bateaux
La date initiale de liquidation annoncée était le 18 décembre, mais la NMC et ses actionnaires sont parvenus à négocier des avances sur bateaux avec son client la SNNC. Un sursis néanmoins, une solution qui n’en est pas une et qui ne fait que repousser l’échéance et limite la société dans son fonctionnement (capacité d’investissements.)
– Pourquoi avoir manifesté devant le Haut-Commissariat ?
Lors du rassemblement du 3 décembre 2025 à l’appel de l’intersyndicale NMC, beaucoup de commentaires sur les réseaux notamment ont questionné le lieu.
Le rassemblement s’est fait devant le Haut-Commissariat parce que le support qui est demandé, c’est d’accéder aux banques du territoire hexagonal, puisque les banques locales de Calédonie, depuis les émeutes, demandent des garanties exorbitantes que nous ne pouvons pas porter.
La NMC est passé par toutes les étapes légales et habituelles pour chercher du support, mais les blocages sont nombreux dans un contexte où le nickel est hautement politisé.
Le groupe insiste sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un rassemblement politique, mais bien d’une intersyndicale, concernant tous les salariés de la NMC, ses sous-traitants etc. L’intersyndicale appelait à ce que la NMC bénéficie des mêmes leviers et du même soutien que d’autres mineurs et métallurgistes du territoire.
Le pacte nickel est littéralement « dégainé » à tout va sur les réseaux sociaux et dans les argumentaires pour remettre le groupe SMSP et ses filiales à leur place dans leurs demandes de soutien financier.
Pour rappel, le Pacte nickel est un document d’un peu moins de 10 pages, portée par l’Etat français auprès des collectivités calédoniennes (Gouvernement, Congrès et Provinces) et auprès des mineurs et métallurgistes.
Le Pacte Nickel a été rejetée à la majorité du congrès de Nouvelle Calédonie. Les opérateurs miniers et métallurgiques du territoire n’ont pas de droit de vote ou de regard sur la validation de ce genre de choses.
FAUX. Il faut comparer le model off-shore à l’autre modèle d’export de minerais du territoire ; à savoir l’export vers des fondeurs dans lesquels la société calédonienne ne détient aucune action dans le capital.
Quand une tonne de minerai part vers un fondeur comme celui-là, la société calédonienne perçoit le chiffre d’affaires, c’est-à-dire le montant de la vente de son minerai et ça s’arrête là.
Pour le modèle off-shore, la NMC perçoit le chiffre d’affaires et la SMSP perçoit 51% des dividendes que distribue la SNNC. Depuis 2009 ce sont presque 12 Mds de CFP qui ont été perçus.
Le modèle off-shore ne crée donc pas plus ou moins d’emplois en Nouvelle Calédonie, il y a des emplois dans l’usine en Corée du Sud comme il y en a au Japon ou en Chine dans les usines ou le minerai des autres mineurs est exporté.
Elle crée effectivement de la richesse en Corée mais peut en percevoir 51% quand des dividendes sont distribués, ce qui n’est pas le cas de la ressource exportée vers d’autres fondeurs.
Après une phase de mise en veille chaude de Février 2024 à aout 2024, le site de Koniambo Nickel a été placé en veille froide à compter du 1er septembre 2024, et a entraîné le licenciement des 1200 salariés de l’entreprise. Une décision difficile mais inévitable en raison de l’absence de repreneur dans le délai laissé par Glencore de 6 mois.
Depuis la mise en veille froide, le site de Koniambo Nickel a adopté un rythme de maintenance essentiel avec environ 60 salariés. Des sous-traitants sont également mandatés ponctuellement pour la réalisation de gros travaux environnementaux, et en particulier sur Mine pour assurer le maintien des ouvrages de gestion des eaux notamment ou de stabilisation des verses.
Depuis Février 2024 le processus de vente des parts de Glencore au sein de KNS est pilotée par ce dernier qui a mandaté une banque d’affaire. Le rôle de cette dernière est de recevoir les demandes des groupes intéressés et de mettre à disposition les données nécessaires afin que ces derniers envisagent une reprise sur le plan technique et financier.
En début de processus, en Février 2024, 8 groupes se sont manifestés. Suite aux émeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie, ce ne sont plus que 3 groupes qui sont restés dans le processus. Enfin, au 1er janvier 2025, il ne restait plus que le groupe indien JSL dans le processus (les deux autres ayant été écartés pour divers motifs telles que l’insuffisance de données technique ou des propositions inatteignables). Néanmoins ce groupe n’a pas fourni d’offre engageante qui ait pu convaincre Glencore..
Suite à l’échec du processus de cession mené par Glencore, ce dernier à contacté la SMSP afin de savoir si la SMSP souhaitait reprendre la participation de Glencore dans KNS.
L’autre alternative étant la liquidation, la SMSP a bien évidement acté de discuter les conditions de cette opération.
En parallèle, le groupe SMSP a entamé la recherche de partenaire et à déjà identifié deux autres groupes intéressés, avec qui nous avons entamé les discussions. Le groupe le plus avancé actuellement est Lygend, un groupe chinois, ils ont réalisé en novembre et décembre 2025 une visite technique complète pour envisager de déposer une offre engageante au premier semestre 2026.
La SMSP maintient donc ses efforts avec tous ces groupes et les autorités compétentes.
Le site de Koniambo possède des atouts indéniables avec le massif du Koniambo.. Des infrastructures majeures ont été construites sur le site notamment un port en haute profonde, une centrale électrique, une usine pyrométallurgique et un convoyeur long de 12 km qui relie la mine à l’usine.
Les retombées économiques qui s’évaluent à plusieurs centaines de milliards de francs CFP concernent autant les salariés, que les sous-traitants et toutes les activités liées au développement d’une vie dans la zone VKP au bénéfice de toutes les populations.
La principale faiblesse du site demeure dans un processus innovant mais qui n’a jamais pu atteindre une montée en puissance permettant une visibilité financière. Comparé à d’autres pays producteurs, il y a également depuis 2022 un cout de l’énergie bien au-delà des pays concurrents.
Néanmoins nous pouvons proposer un produit fini respectant toutes les normes environnementales et humaines qui correspondent notamment à l’ISO 26 000 (RSE, Responsabilité Sociale et Environnementale), et qui sont recherchées par le secteur des batteries et de la transition énergétique.
Notre transition écologique est d’abord une transition énergétique basée sur le Plan Climat Energie de la Province Nord et sur le Schéma de transition énergétique adopté par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (STENC). Nous travaillons en coordination et en concertation avec les filiales afin d’amener celles-ci sur la voie d’un nickel plus vert. Des groupes de travail ont été formés au sein de chaque filiale en ce sens.
Les initiatives relèvent en premier lieu de l’évaluation de l’empreinte carbone de nos entreprises, puis de l’identification de solutions à mettre en place sur le plan technique et humain. Par exemple, sur NMC les équipes travaillent de concert afin d’optimiser les déplacements des personnels comme des camions. Au niveau de Cotransmine, dans la mesure du possible il s’agit d’installer des panneaux solaires ou de travailler sur les techniques de travail (moins solliciter les équipements pour limiter l’émission non nécessaires de CO2).
De manière plus large, NMC, Cotransmine ou encore SMSP ont développé des politiques proactives en matière de revégétalisation ou de gestion des déchets, ou encore dans le suivi de leurs indicateurs de la qualité de l’air et de l’eau. Des initiatives qui ont pour origine des obligations règlementaires, et qui sont étendues et approfondies au-delà des exigences légales toutes les fois où c’est possible.
Nous travaillons aussi avec Koniambo Nickel afin de réduire notre empreinte. Cela passe par beaucoup d’études, la principale portant bien évidemment sur le remplacement du charbon.
C’est une ressource non renouvelable donc oui, épuisable. C’est aussi pour cela que nous devons dès aujourd’hui optimiser sa gestion et sa valorisation pour optimiser les retours pour le pays. Pour la suite, il faut l’anticiper mais ce n’est plus du ressort des industriels. C’est une responsabilité politique, un devoir d’anticipation.
C’est une question complexe car cela évolue au fil des années et des technologies. Il y a 20 ans on ne traitait pas de minerai inférieur à 1.4% de nickel. Aujourd’hui, on sait que des usines peuvent traiter du minerai ne contenant que 0.9% de nickel. Nous avons encore plusieurs décennies d’exploitation devant nous.
Nous n’avons jamais fermé la porte à des partenariats, des synergies. Avant que Glencore prenne la décision de vendre ses parts, Koniambo Nickel avait proposé à la SLN de lui fournir 450 000 tonnes de minerai annuellement. La SLN étudiait cela. Cependant, les discussions se sont arrêtées avec l’arrêt des activités décidé par Glencore.
Si l’activité de Koniambo Nickel reprend, il y aura de nouveau des opportunités à discuter. Des échanges de minerais par exemple, selon les caractéristiques chimiques requis pour chaque usine. Un point important de souligner, on ne peut pas juste prendre du minerai ailleurs pour alimenter des fours, il y a des caractéristiques à respecter.
Par ailleurs, la stratégie de la SMSP a toujours été claire, à savoir la poursuite de la valorisation optimale de la ressource. Notre priorité est la transformation locale du minerai afin de maximiser les retombées économiques sur le territoire. Cependant, pour les minerais qui ne peuvent pas être transformés localement, leur exportation vers une usine offshore (majoritairement détenue par des collectivités calédoniennes), est à privilégier car cela engendre plus de retombées qu’un simple export vers des pays et des fondeurs étrangers.
Il s’agit de la dette que Koniambo Nickel a vis-à-vis de Glencore, c’est une dette vis-à-vis d’un actionnaire et non vis-à-vis d’une banque. L’effacement de cette dette est une suite logique du process, conséquence de la volonté de Glencore de vouloir se séparer de son actionnariat au sein de Koniambo Nickel. La SMSP pour sa part n’a pas de dette vis-à-vis de Glencore et n’est pas tenue de rembourser à Glencore 51% de ce montant.
La CTC a fait un amalgame entre comptes sociaux et consolidés. Les comptes consolidés sont la somme des comptes des différentes filiales. Ils reprennent donc 51% de la dette de KNS.
Il faut regarder les comptes sociaux de la SMSP qui sont déposés chaque année. La dette de la SMSP est de 23 milliards de francs à l’égard de ses partenaires financiers, dette qui est à l’origine d’une valeur d’actifs de plus de 45 milliards de francs (valeur des titres de participations de nos filiales).
Cette dette de 23 milliards XPF est due aux partenaires financiers de la SMSP qui ont souhaité participer au financement de la SMSP afin que cette dernière participe au financement de l’Usine du Nord.
Souvent, les media nous opposent pour des raisons qui nous échappent.
Nous sommes tous des acteurs du nickel en Nouvelle Calédonie avec des visions stratégiques différents, principalement sur l’export.
La SMSP rencontre et travaille régulièrement avec les autres sociétés du secteur sur beaucoup de problématiques communes à la profession.
Toutes les entreprises du secteur du nickel sont amenées à échanger, soit sur le plan commercial, soit sur le plan technique et très souvent sur le plan règlementaire. D’ailleurs, chacun développe des synergies en fonction de ses intérêts en matière de formation, de recrutement, d’exploration.
Pour autant, chaque industriel demeure gestionnaire de sa propre entreprise et défend les intérêts de celle-ci.
S’agissant de la Chine, nous explorions des opportunités, en l’occurrence la possibilité d’une prise de participation majoritaire dans une usine en Chine en partenariat avec les actionnaires de la société YICHUAN, qui serait alimentée par les mines du groupe SMSP.
Alors que la conclusion de la transaction définitive était imminente et que notre filiale porteuse de la participation de la SMSP en Chine était constituée depuis août 2022, un désaccord est apparu sur la demande inattendue du partenaire de soustraire, de sa garantie de passif, certaines responsabilités qui lui incombent.
Une garantie de passif, lors d’une prise de participation, cela veut dire que la société est en règle et n’a commis aucune infraction avant l’acquisition et que si c’était le cas, elle en assumerait toutes les conséquences légales et financières.
Comme tout industriel raisonnable et responsable, nous avons pris la décision de mettre un terme à l’ébauche de partenariat.
Le plan de sauvegarde proposé par la SMSP a été homologué par le tribunal de commerce en octobre 2022. Nous avons déjà commencé à honorer comme prévu notre plan.
Les bénéfices de SNNC reviennent à la Nouvelle-Calédonie par deux biais : la vente du minerai qui génère le chiffre d‘affaires de NMC, laquelle emploie, forme et assure l’activité de sous-traitants en Calédonie. Et les dividendes payés à la SMSP qui servent aujourd’hui à rembourser ses créanciers et principalement les banques partenaires du financement de l’Usine du Nord. Ils participent donc au développement du Nord.
Ce n’est pas tant « usine locale » et « usine à l’étranger » le sujet. C’est davantage la catégorie de minerai qui fonde le choix entre traitement local ou offshore. Nous étions conscients de deux éléments. Le minerai basse teneur requiert une technologie et une expertise particulière pour que son traitement soit rentable. Nous ne l’avions pas en 2008 et ce n’est pas encore le cas aujourd’hui. C’est pour cette raison que la SMSP s’est tournée vers POSCO. L’Usine du Nord a, quant à elle, été construite pour valoriser un minerai à teneur plus élevée.
